À l’occasion de la diffusion de “3h10 pour Yuma”, redécouvrez en cinq anecdotes le western de James Mangold sorti en 2008 et mettant en scène Russell Crowe, Christian Bale et Peter Fonda.

De quoi ça parle ?

Revenu blessé de la guerre de Sécession, Dan Evans a établi sa famille dans un ranch. La sécheresse a ravagé ses terres, décimé son troupeau et miné la considération que lui portent sa femme et ses enfants, en particulier son aîné Will, âgé de 14 ans. A la suite d’une attaque de diligence, le célèbre bandit Ben Wade passe par la ville de Bisbee où il est arrêté avec le concours fortuit de Evans. Recherché pour ses hold-up et ses meurtres répétés, Wade doit être convoyé vers Contention, à trois jours de cheval, pour embarquer sur un train à destination de Yuma, où se trouve le tribunal fédéral. Contre une prime qui peut sauver son ranch, Dan Evans s’engage dans l’escorte qui doit accompagner le dangereux criminel. Il est bientôt rejoint par son fils Will, fasciné par l’aura du tueur.
Tandis que son gang organise son évasion, Wade engage sur le chemin de Contention un bras de fer psychologique avec ses gardiens, usant à la fois de la peur qu’il leur inspire et de la séduction qu’il exerce sur eux…

1. Cinquante ans plus tard

3h10 pour Yuma est le remake du film homonyme réalisé en 1957 par Delmer Daves. Dans l’original, Van Heflin interprétait le personnage de Dan Evans, tenu dans la nouvelle version par Christian Bale. Glenn Ford jouait quant à lui Ben Wade, incarné cinquante ans après par Russell Crowe.

James Mangold avait 17 ans lorsqu’il a vu pour la première fois le film original. Celui-ci lui a fait forte impression : “j’avais été frappé par la sophistication des questions qu’il soulevait sur la morale, le courage, l’honneur et la famille. Les personnages de Ben Wade et Dan Evans étaient plus complexes que les archétypes habituels et l’histoire permettait à la fois pas mal d’action et un étonnant sentiment de claustrophobie – unique dans l’histoire du western, en contraignant les deux adversaires à une grande proximité”.

2. Conditions climatiques extrêmes

Le film a été tourné dans la région désertique du Nouveau Mexique entre les mois d’octobre 2006 et janvier 2007, sur une durée de 54 jours. La période choisie pour le tournage n’était pas de tout repos pour les équipes en raison du froid particulièrement intense, surtout la nuit. L’amplitude thermique est parfois telle dans la région que l’équipe du film s’est même retrouvée prise dans une tempête de neige, noyée sous près d’1m30 de poudreuse. Une situation à la fois cocasse et pénible, puisque les acteurs devaient alors jouer des scènes qui évoquaient… la sécheresse.

3. L’écriture du scénario

James Mangold a commencé à réfléchir sur une possible nouvelle version de la nouvelle 3h10 pour Yuma pendant qu’il tournait Identity. “J’ai eu comme une révélation”, explique-t-il. “Pourquoi ne pas tenter de traiter les idées du film d’origine avec une perspective plus moderne ? Souvent, vous êtes attiré par un terrain parce qu’il n’a pas été très exploité récemment. Le western me semblait avoir été négligé au cours de la dernière décennie. Et pourtant, il demeure une part essentielle du cinéma américain”. Si l’équipe du film s’est donné pour consigne de respecter la trame et l’esprit de la version originale, signée par le scénariste Halsted Welles, elle souhaitait en revanche que le transfert entre la petite ville de Bisbee et Contention, à peine ébauché dans le premier film, soit nettement plus développé, menant Wade et ses gardes en territoire Apache et dans les montagnes, où des ouvriers luttaient contre la roche pour construire la voie ferrée. Michael Brandt, à qui l’on doit le scénario de cette nouvelle version, explique : “On était tous fan de l’original, et on cherchait un moyen de le rendre accessible à un public contemporain. Le mot d’ordre de Jim était : toujours plus âpre. Toujours plus réel”.

4. Un polar urbain à la sauce western

James Mangold s’est déjà inspiré de Trois heures dix pour Yuma pour écrire et réaliser son second long métrage en 1997, Copland, où Sylvester Stallone joue le modeste shérif d’une petite ville du New Jersey opposé à un groupe de flics ripoux de New York. Son admiration pour la première version de la nouvelle d’Elmore Leonard l’a même poussé à nommer le personnage principal “Freddy Heflin”, en référence à l’acteur Van Heflin.

5. Un ballet d’homonymes… ou d’hommages ?

L’un des deux adjoints du shérif de la ville de Contention porte le patronyme de Sam Fuller. On ignore si cela est un hommage explicite au grand cinéaste Samuel Fuller, à qui l’on doit notamment les westerns J’ai tué Jesse James et Le Jugement des flèches ; à moins que ce ne soit un clin d’oeil au Train sifflera trois fois (1952), un autre grand classique signé Fred Zinnemann, dans lequel un personnage porte ce même nom. L’autre adjoint du Shérif de 3h10 pour Yuma est un certain Harvey Pell, soit exactement le même patronyme que le personnage du Marshall du Train sifflera trois fois, campé par Lloyd Bridges. Enfin, la troisième référence est Will Doane, le Marshall incarné par Sean Hennigan, un très probable hommage au personnage central du film de Fred Zinnemann, interprété par Gary Cooper, qui s’appelle… Will Kane. Il ne s’agit pas d’une erreur : à l’origine, le personnage joué par ce dernier devait porter le nom de Will Doane… qui fut changé en Will Kane par la production, lorsqu’elle se rendit compte que l’actrice Katy Jurado, d’origine mexicaine, n’arrivait pas à le prononcer correctement. 

Voir toutes les anecdotes de “3h10 pour Yuma”

Interview de James Mangold pour “3h10 pour Yuma”

James Mangold Interview : 3h10 pour Yuma

 

Click Here: Newcastle United Shop

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *