Une fable bâclée sur l’adolescence compromettant Monica Bellucci.

« Les merveilles ». C’est la traduction littérale du titre de cet autobiographique film germano-italien d’Alice Rohrwacher. Un clin d’œil au jeu télévisé auquel les protagonistes, une famille d’apiculteurs hippie-cradingue vivotant en Ombrie, participent, aussi. Mais certainement pas les mots qui nous viennent à l’issue de la projection.

Réalisation fainéante pour ne pas dire foutraque, scénario absolument indigeste, acteurs en roue libre… C’est peu dire que Rohrwacher rate assez lamentablement sa fable sur le passage de l’enfance à l’adolescence, l’éveil au monde et aux premiers émois.

Avec le personnage de Gelsomina, aînée de quatre filles tenues à l’écart d’un semblant de civilisation par un père refusant qu’elles lui échappent, le film tenait pourtant une héroïne comme les aime le Festival. Bien que gracieuse, son interprète Maria Alexandra Lungu, comme le personnage, ne semble avoir aucune idée d’où elle va.

Le plus gros gâchis concerne Monica Bellucci, cyniquement créditée au générique mais sous-exploitée à l’écran. Animatrice du jeu « les merveilles », l’actrice n’hésite pas à s’autoparodier en créature glamour, sorte de quintessence de la féminité à l’italienne. Peine perdue. Bien qu’objet de fascination pour la petite Gelsomina, son personnage reste sans profondeur. Sa relation avec l’adolescente est balayée, comme une abeille.

El Meraviglie pique. Mais comme une piqûre d’anesthésie. Impossible de faire son miel avec ce film dont la sélection en compétition officielle nous semble injustifiée.

Le Meraviglie, d’Alice Rohrwacher, avec Maria Alexandra Lungu, Sam Louwyck, Monica Bellucci. 1h50. En compétition.

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