A l’appel du collectif “Pas de bébés à la consigne“, qui réunit plusieurs dizaines de syndicats et associations de professionnels du secteur de la petite enfance, plusieurs crèches étaient fermées ce jeudi 11 mars. Cette grève était destinée à mobiliser professionnels et parents contre un projet de loi assouplissant les conditions d’encadrement dans les crèches.

D’après un communiqué du collectif, il y a eu plus de “50 % de grévistes dans toute la France, des centaines et des centaines d’établissement fermés, 8000 à 10 000 manifestant-e-s à Paris, des centaines et des centaines dans chaque ville lors de plusieurs dizaines de rassemblements en province. Du jamais vu dans le secteur de la petite enfance.“
Les grévistes protestaient contre les propositions du futur décret sur les modes d’accueil collectif. Mesures qui tendent à assouplir les conditions d’accueil pour offrir plus de places
L’une des mesures les plus controversées consiste à réduire de 50 % à 40 % la proportion de professionnels très qualifiés (puéricultrices, auxiliaires de puériculture, éducateurs de jeunes enfants) dans les établissements d’accueil des moins de 6 ans. Pour les 60 % restants, un CAP petite enfance ou un BEP carrières sanitaires et sociales, avec trois ans d’expérience devraient suffire. Par ailleurs, selon le collectif, le texte prévoit l’assouplissement des capacités d’accueil : “un établissement de 60 places pourra accueillir certains jours jusqu’à 72 enfants“. Et ce, sans augmentation d’effectif et dans au sein des mêmes locaux. Pour le collectif, cela constitue “une dégradation des conditions d’accueil“. Enfin, la création expérimentale de jardins d’éveil, qui devraient accueillir les enfants entre 2 et 3 ans, sera autorisée. Ces jardins d’éveil constituent en quelque sorte une transition entre la crèche et la maternelle. Le taux d’encadrement de ces jardons serait d’un adulte pour 8 à 12 enfants, alors qu’actuellement, ce taux est d’un pour 8 enfants du même âge dans les crèches.Pour le collectif, “les mesures et projets gouvernementaux concernant les modes d”accueil et l’école maternelle convergent, en dépit des annonces ministérielles, vers une dégradation des dispositifs existants, au détriment des attentes des familles et des besoins fondamentaux des enfants“.Autre sujet de discorde, l’autorisation faite aux assistantes maternelles d’accueillir chez elles 4 enfants (au lieu de 3 actuellement) et de se regrouper au sein de structures collectives dont le mode de fonctionnement ne serait ni réglementé, ni encadré. Le message du collectif vis-à-vis de ces mesures est clair : “Plus d’enfants confiés à des équipes moins qualifiées, c’est moins de disponibilité et d’attention, plus d’insécurité matérielle et affective pour chaque enfant, plus de stress pour les professionnel-les ! (…). Non à la grande braderie des modes d’accueil, non aux modes “discount“ de garde “low cost“ !“. Par leur mouvement de grève, les professionnels et parents mobilisés entendent lutter contre et pour “la reconnaissance de la spécificité des besoins d’enfants de moins de 3 ans lors de leur accueil en dehors du milieu familial et en collectivité, conformément aux connaissances scientifiques et pratiques acquises depuis 30 ans : à savoir la nécessité d’assurer au sein du groupe d’enfants un accompagnement en mesure de soutenir le développement singulier de chaque enfant“.
Toujours selon le collectif, le gouvernement fait la sourde oreille. Pour toute réponse, une délégation reçue par une conseillère technique de Monsieur Fillon s’est entendue dire que le projet de décret serait bientôt soumis au Conseil d’Etat.“. Ainsi, “Pas de bébés à la consigne“ envisage une nouvelle journée de grève nationale de la petite enfance 8 avril si leurs revendications ne sont pas entendues.
Click Here: New Zealand rugby storeEmeline Dufour Source : Communiqué du Collectif “pas de bébés à la consigne“Photo : Florence Durand/SIPA

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