“Lorsqu’on fume à côté d’un non-fumeur, il fume aussi !“ Tel est le slogan de la nouvelle campagne nationale contre le tabagisme passif. Une occasion pour revenir en détails sur cette pollution à l’origine de près de 3 000 décès par an.

Inhaler involontairement la fumée des autres constitue unegêne mais également un réel risque pour lasanté. Pour ceux qui auraient tendance à leminimiser, sachez que cette fumée dite secondaire contientdavantage de toxiques (monoxyde de carbone, oxydes d’azote…) etde cancérogènes (goudrons, benzène…) quecelle inhalée par le fumeur…Quand vous fumez à côté d’un non-fumeur, ilfume aussiMême si la dangerosité de la fuméeinhalée par un non-fumeur est directement liéeà la durée d’exposition (sur une journée maissurtout tout au long de la vie), certaines personnes y sontparticulièrement sensibles. C’est le cas de l’enfant et dufoetus, et des personnes atteintes de maladies cardiaques ourespiratoires. Pour les enfants exposés au tabac, lesrisques de mort subite, de bronchites, d’asthmes et d’otites sontaccrus. Pour les adultes, le risque de développer desmaladies cardiaques croît de 25 %. Ces maladies coronariennesconstituent le risque majeur de mortalité liée autabagisme passif. Mais à son tableau de chasse, lafumée secondaire compte bien entendu une augmentation durisque de cancers, principalement pulmonaire.Face à ces conséquences sanitaires dramatiques, uneprise de conscience semble s’opérer. Plus de 80 % desFrançais se déclarent aujourd’hui gênéspar la fumée. Un sentiment bien évidemmentpartagé par les non-fumeurs (52 % se déclarentmême “beaucoup“ gênés) mais également parplus de la moitié des fumeurs ! (1)Autre signe de diminution de la tolérance àl’égard de la fumée : on constate que ce sentimentest partagé par les jeunes non-fumeurs. Cetteévolution de la norme sociale en défaveur du tabacest telle que près des trois-quarts des Français sedéclarent favorables à un renforcement de laréglementation relative à la protection desnon-fumeurs (2).Faut-il renforcer la loi Evin ?Actuellement, cette évolution ne se traduit pas encore parun changement des comportements : plus du tiers de la populationfrançaise déclare ne rien faire lorsqu’elle est enprésence d’un fumeur dans une zone non-fumeur (32 %) (3).Pourtant, la loi Evin prévoit depuis 1991 la primautédu droit des non-fumeurs : les espaces fumeurs deviennentl’exception dans les lieux publics, y compris le secteur public etprivé (lieux de travail notamment). Dans tous les locauxcollectifs, la loi oblige clairement l’identification de zonesfumeurs et non-fumeurs. Mais cette loi est inégalementrespectée… Selon les déclarations des fumeurs, leszones les mieux respectées le sont dans les transports etles moins respectées dans les bars et les cafés. Desdifférences largement confirmées par desenquêtes ponctuelles3.Dans les établissements scolaires, les transgressionsobservées chez les élèves sont plusimportantes à mesure que l’âge augmente, mais cechiffre est à rapprocher de la faible proportion dutabagisme. Parmi les 14 % de collégiens fumeurs, seul 1 sur4 déclare fumer dans l’établissement. 62 % n’ontjamais entendu parler de la loi Evin. A contrario, le lycéeest l’un des principaux lieux où ils fument : parmi les 44 %de lycéens fumeurs, 8 sur 10 fument habituellement aulycée ! Près de la moitié (48 %) disentignorer la fameuse loi.Face à ces insuffisances, le Comité National Contrele Tabagisme (CNCT) avait demandé l’interdiction pure etsimple du tabagisme dans les lieux publics, mais le Ministre de lasanté a repoussé une telle mesure luipréférant un meilleur contrôle de laréglementation ainsi qu’une plus grande sensibilisation(4).L’information plutôt que l’interdictionPour la première fois en France, les pouvoirs publicslancent une grande campagne contre le tabagisme passif. Du 17octobre au 7 novembre 2004, 800 spots télé serontdiffusés sur le petit écran. Le message est simple :Lorsqu’on fume à côté d’un non-fumeur, il fumeaussi. On distingue deux spots différents (l’un au domicileet l’autre au bureau) qui illustrent les quantités decigarettes qu’inhale un non-fumeur vivant avec un fumeur. Parailleurs, le Ministre de la santé et de la protectionsociale et l’Institut national de prévention etd’éducation en santé (Inpes), en partenariat avecl’association Droit des non fumeurs diffusent un kit d’informationà 37 000 comités d’entreprises (5).Parallèlement à cette campagne, des spots radiosseront diffusés sur des stations grand public. Ces messagesrappellent que le meilleur moyen de préserver sasanté et celle des autres est d’arrêter de fumer. Sivous ne le faites pas pour vous, faites-le pour les autres…David Bême1 – Baromètre santé 20002 – Enquête Ipsos (DGS/CNAMTS/CFES) – 27 et 28 avril 20013 – Rapport d’évaluation de la loi relative à lalutte contre le tabagisme et l’alcoolisme – conseil national del’évaluation, Documentation française4 – Communiqué du CNCT du 17 septembre 20045 – Conférence de presse Ministère de lasanté/Inpes du 14 octobre 2004Click Here: camiseta rosario central

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