Tant qu’il était protégé par son immunité parlementaire, Manuel Chang ne pouvait être formellement arrêté au Mozambique. L’ancien grand argentier du pays, âgé de 63 ans, est poursuivi pour fraude, corruption, blanchiment d’argent et détournement de fonds publics, selon l’AFP qui s’est procuré un document de la Cour suprême mozambicaine. Les faits remontent à 2013. Plus de deux milliards de dollars de fonds ont été levés pour financer la construction de navires français. Mais ce projet n’a jamais vu le jour, tandis que le montage financier aurait rapporté à Manuel Chang 5 millions de dollars, versés en contrepartie de prêts secrets accordés à des entreprises publiques du Mozambique.Double demande d’extraditionCette transaction frauduleuse prévoyait un total de 200 millions de dollars en versements de pots-de-vin. L’argent a transité par les Etats-Unis qui ont, comme le Mozambique, demandé l’extradition de M. Chang vers son pays d’origine.Ces malversations ont plongé le Mozambique dans une crise financière sans précédent, provoquant le gel des aides internationales à Maputo, qui n’a plus remboursé sa dette.Demande de libération conditionnelleEn janvier 2019, trois anciens banquiers du Crédit suisse ont également été inculpés à Londres, avant d’être libérés sous caution.Manuel Chang attend de la justice sud-africaine qu’elle examine sa demande de libération conditionnelle. L’audience est prévue le 31 janvier 2019. “Le risque est élevé que Manuel Chang s’échappe. Si la libération conditionnelle est acceptée, on ne le trouvera pas pour l’extrader vers les Etats-Unis”, a prévenu la procureure sud-africaine Elivera Dreyer, citée par l’AFP.La demande d’extradition de l’ancien ministre vers le Mozambique sera, quant à elle, étudiée le 5 février 2019.

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