Après avoir été considérés comme la panacée pour de nombreuses femmes ménopausées, les traitements hormonaux substitutifs ont été pris dans une violente tourmente. Et pour cause : des études révélaient que les femmes sous THS étaient plus exposées au cancer du sein et aux maladies cardiovasculaires. Aujourd’hui, les autorités sanitaires révèlent qu’un millier de cancers du sein par an seraient imputables THS.

En 2003, la publication de deux études anglo-saxonnes (1, 2) jetait le discrédit sur les traitements hormonaux substitutifs (THS). Depuis l’utilisation de ces THS a donné lieu à de nouvelles recommandations (3, 4). En résumé, les THS ne doivent être prescrits que si les troubles du climatère (principalement bouffées de chaleur…) altèrent la qualité de vie des patientes, qui devront être clairement informées des risques de ces produits. La prescription devra se faire à la dose minimale efficace, pour une durée la plus courte possible avec des réévaluations régulières. Conscient de la nécessité de disposer de données françaises, un groupe de travail était mis en place en mars 2004 par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Son rapport (5) vient d’être rendu public.
L’utilisation des THS en France
Un bilan de l’utilisation des THS a ainsi été dressé pour les années 2000 et 2002, qui correspondent à la période de plus forte consommation de ces produits. A cette époque, 20 à 25 % des femmes âgées de 40 à 65 ans prenaient un THS (soit près de deux millions de Françaises). Entre 2002 et 2004, la consommation de THS a diminué de moitié.
La durée moyenne d’utilisation de ces produits est de 8,3 ans pour les utilisatrices ayant commencé avant 50 ans et de 5,4 ans pour celles ayant commencé après 50 ans.
650 à 1 200 cancers du sein attribuables au THS
Tenant compte des données d’utilisation et des études anglo-saxonnes mais également françaises (dont les premiers résultats de l’étude E3N (6) portant sur 55 000 femmes françaises), les scientifiques estiment qu’entre 2000 et 2002, les THS seraient responsables chez les femmes de 40 à 65 ans de 650 à 1 200 cancers du sein par an. Ce qui représente entre 3 et 6 % des 22 000 cas survenus dans cette classe d’âge. Vis-à-vis des maladies cardiovasculaires, les conséquences seraient de 60 à 200 cas d’infarctus du myocarde (soit 2 % à 6 % des cas constatés) et 300 à 650 cas d’accidents vasculaires cérébraux (soit 6,5 % à 13,5 % des cas constatés). Les auteurs estiment également qu’il n’existe aucune durée d’utilisation du THS qui met à l’abri des trois risques étudiés (cancer du sein, infarctus et accidents vasculaires cérébraux).
Attention, ces estimations reposent sur une évaluation de population et non de cas individuels.
Les nouvelles règles ont réduit de moitié les complications
Les nouvelles recommandations publiées par l’Afssaps et leur écho médiatique auraient entraîné une diminution de moitié du nombre d’utilisatrices et permis une baisse d’au moins 40 % des événements attribuables à ces traitements, voire 50 % pour certains d’entre eux. Cependant, il reste difficile de vérifier que la durée d’utilisation a réellement diminué et correspond bien aux nouvelles recommandations.
Enfin, plusieurs points restent à éclaircir parmi lesquels l’évaluation des risques liés aux alternatives du THS (notamment les phytoestrogènes). Ces dérivés du soja vendus sans contrôle médical sont achetés en masse par les femmes qui veulent à tout prix échapper aux méfaits de la ménopause. Par ailleurs, les conséquences de la prescription de progestérone dans les années précédant la ménopause restent en grande partie méconnues.
Pour répondre à ces questions ainsi que pour combler le manque de données concernant la tibolone, les auteurs recommandent la mise en oeuvre de nouvelles études (concernant notamment des femmes plus jeunes nées entre 1950 et 1960 et bénéficiant donc des nouvelles recommandations).
David Bême
1 – JAMA, Vol. 288 No. 3, July 17, 20022 – Lancet 2003 ;362 :419-4273 – Traitement hormonal substitutif (THS): mise à jour des recommandations – 3/12/20034 – Rapport d’orientation sur les THS de la ménopause – Anaes/Afssaps, 11/5/20045 – Rapport Traitement hormonal substitutif de la ménopause – Caractéristiques de l’utilisation en France – Effets sur la survenue de cancers du sein et d’évènements cardiovasculaires en France – Propositions d’études complémentaires – Septembre 20056 – Int J Cancer. 2004 Nov 18; [Epub ahead of print] et conférence de presse de l’Inserm. Cette étude a été conduite chez des adhérentes de la Mutuelle générale de l’éducation nationaleClick Here: Maori All Blacks Store

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