Elle de Paul Verhoeven a été préféré à Cézanne et Moi, Frantz et Les Innocentes pour représenter la France aux Oscars 2017. Quels sont ses atouts et ses points faibles ?

Les membres du comité de sélection se sont enfin décidés : ce sera le film Elle de Paul Verhoeven avec Isabelle Huppert qui représentera la France aux Oscars 2017. Il faut maintenant croiser les doigts pour que l’essai se transforme et que l’Académie des Oscars le retienne dans les cinq films nommés à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.

Si l’Académie des Oscars récompense souvent des films qui font date, on ne peut pas dire qu’elle soit particulièrement à l’aise avec le cinéma transgressif. C’est probablement ce qui désavantagera le plus Paul Verhoeven avec son Elle, film sulfureux sur la réaction inattendue d’une femme à la suite d’un viol. Un sujet délicat pour les votants, en particulier cette année puisque l’Académie s’est détournée d’un film parti favori, The Birth of a Nation, en apprenant que le réalisateur et le coscénariste furent impliqués dans une affaire de viol en 1999.

D’autant que si Elle a fait sensation lors de sa projection au Festival de Cannes, il n’a pas unanimement séduit la critique internationale. Certains de ses détracteurs y voient un film misogyne et complaisant. Autant d’arguments qui ne joueront pas en la faveur du cinéaste hollandais et de son premier film français.

Pourtant quelques indices peuvent laisser penser que Paul Verhoeven garde des atouts dans sa manche. D’abord parce qu’il a toujours été injustement boudé par les Oscars. Robocop a bien reçu une statuette pour le montage de ses effets sonores et Basic Instinct a été nommé dans deux catégories (meilleur montage et meilleure musique). Mais jamais le metteur en scène n’a été en lice pour son propre travail. C’est surtout aux Razzies Awards qu’il s’est illustré en remportant sept trophées (dont pire film et pire réalisateur) en 1996 avec Showgirls.

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==> Oscars 2017 : Elle de Paul Verhoeven représentera la France !

Depuis, le film a été réhabilité par toute une partie de l’intelligentsia et Paul Verhoeven a indéniablement marqué l’histoire du cinéma par son style subversif, tant avec ses films américains que hollandais. A 78 ans, le voilà de retour avec un nouveau film-événement, cette fois dans la langue de Molière et suffisamment virtuose pour représenter la France à Hollywood. Et, même si l’on souhaite voir encore de nombreux films portant sa signature, il n’est pas certain que l’occasion se présente à nouveau. Il serait peut-être temps de lui remettre une distinction – positive cette fois.

L’autre point fort sur lequel Elle peut solidement s’appuyer, c’est la performance d’Isabelle Huppert qui mériterait une nomination (qu’elle décrochera peut-être !) à l’Oscar de la meilleure actrice. La comédienne aux deux prix d’interprétation féminine à Cannes porte souvent chance aux films auxquels elle participe. Elle figurait au générique d’Amour de Michael Haneke, qui avait valu l’Oscar à son metteur en scène dans la même catégorie.

Soulignons qu’Isabelle Huppert, malgré sa reconnaissance mondiale, n’a jamais été nommée à l’Oscar de la meilleure actrice et, sur quinze nomination aux César, n’en a remporté qu’un. C’est le moment de corriger le tir pour rendre hommage à une comédienne qui a notamment su inspirer l’un des plus grands disparus de l’année : Michael Cimino.

Si les membres de l’Académie des Oscars ne sont pas trop frileux (comme ils ont l’habitude de l’être, et comme ils le seront sûrement l’année qui suit le débat autour de la diversité), il se peut que la France renoue enfin avec l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, vingt-quatre ans après Indochine de Régis Wargnier.

Elle, par ses comédiens et son auteur

Elle – Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Philippe Djian : "On est dans une espèce de réalité tordue"

 

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