Près d’un tiers des enfants de moins de 3ans prennent leur repas devant un écran, selon la dernière édition de l’enquête Nutri-Bébé SFAE, qui porte sur les comportements alimentaires des 0-3ans.

Bébé, souvent considéré à tort comme un adulte en miniature au moment des repas.

Globalement, les conseils nutritionnels délivrés par les pédiatres et les autorités de santé sont bien suivis au cours de la première année de vie de bébé, puis on observe une sorte de lâcher-prise de la part des parents, qui se mettent à le traiter comme un “grand“, tout du moins sur le plan alimentaire.
Des conseils alimentaires suivis… jusqu’à 1 an
Chez les moins de 1 an, les recommandations nutritionnelles sont même de mieux en mieux suivies, avec le recul du passage au lait 2ème âge à 6 mois (contre 4 auparavant), le développement de la consommation du lait de croissance (même si celle-ci reste largement minoritaire par rapport au lait de vache), l’abandon des “jus végétaux“ (laits de soja, d’amande…) impropres à l’alimentation des bébés…C’est surtout après que les choses se compliquent. Très souvent, les enfants de 24 mois intègrent la table du reste de la famille. Si c’est une bonne chose pour le développement relationnel de l’enfant, il faudrait néanmoins veiller à lui donner un repas spécifique, adapté à son jeune âge. Or, comme le souligne le Pr Jean-Pierre Corbeau, professeur émérite de sociologie à l’université de Tours, les deux-tiers des mères (car ce sont encore les mères qui, dans une écrasante majorité -98 % !- donnent le repas à leurs enfants) servent les mêmes plats qu’au reste de la famille.

Cela se traduit très souvent par des apports excessifs en protéines, en sel, en sucres, et insuffisants en “bons“ acides gras. Or, avant l’âge de 3 ans, les protéines données en excès fatiguent les reins et pourraient favoriser le développement ultérieur du

surpoids. Quant au sel, il sollicite lui aussi les reins et pourrait prédisposer au développement ultérieur d’une

hypertension artérielle et habituer au goût salé. En abandonnant trop tôt (avant les 3 ans de l’enfant) le

lait de croissance au profit du lait de vache, qui plus est ½ écrémé, les parents privent leur enfant d’un produit qui leur est parfaitement adapté avec des teneurs 20 à 30 fois plus riches en fer, 2 fois moins riches en protéines, plus riches en acides gras essentiels, 2 à 3 fois moindres en sel, et plus importantes en vitamines A, D, E et C et en zinc.L’étude montre par ailleurs qu’un tiers des enfants de moins de 3 ans consomment une fois par semaine des frites, ce qui va à l’encontre des recommandations nutritionnelles pour cette tranche d’âge. De même, encore trop d’enfants consomment des jus de fruits sucrés et des sirops (13 % en consomment quotidiennement à 3 ans) ou sodas (40 % des moins de 2 ans en ont déjà consommé et 23 % le font de manière hebdomadaire). A cet âge, c’est pourtant l’eau pure qui, en dehors du lait, doit être la seule boisson.
Les pères très peu investis
Au-delà des aliments eux-mêmes, c’est le comportement des parents qui est pointé du doigt dans l’étude. En effet, 15 % des bébés de 15 jours à 3 mois prennent leur repas devant un écran, un phénomène qui ne fait qu’augmenter avec l’âge pour atteindre 29 % des 0-3 ans ! Outre le fait qu’installer l’enfant devant un écran pendant son repas ne favorise pas les interactions avec les autres membres de la famille, cela l’empêche d’analyser ses perceptions (goût, odeur, toucher…), met en garde le Pr Corbeau.Enfin, sans être laxistes, les parents insistent moins si leur enfant refuse un aliment, voulant que le moment du repas reste celui du plaisir et de la complicité. Environ un tiers d’entre eux vont proposer de nouveau l’aliment à l’enfant au cours des repas suivants. S’ils sont plus nombreux à prendre le congé parental (13 % en 2013 contre 5 % en 2005), les pères restent toutefois très minoritaires lorsqu’il s’agit de nourrir leur bébé : seuls 2 % des pères s’investissent dans cette tâche !Amélie Pelletier
Source
Comment sont nourris nos bébés en 2013 ?“, Résultats de l’étude Nutri-Bébé SFAE 2013 – Dossier de presse, 26 novembre 2013.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *