Héroïne de Fais pas ci fais pas ça, Valérie Bonneton qui est aujourd’hui incontournable dans le 7e art a bien failli tout plaquer. Portrait d’une ch’ti à qui rien ne résiste.

Il lui en aura fallu du travail, encore du travail, beaucoup de détermination et finalement pas mal de confiance en soi pour sauter à pieds joints d’une enfance dans les corons à une ambition d’actrice. Et le devenir. Entre 1970, l’année de sa naissance à Somain, dans le Nord, et aujourd’hui, Valérie Bonneton a formé un couple – à la scène comme à la ville – pendant treize ans avec François Cluzet, donné naissance à Joseph, 16 ans, et Marguerite, 11 ans… et failli plaquer ce métier qui tardait à lui donner des premiers rôles !

C’était juste avant le tournage de la série, Fais pas ci, fais pas ça, pour France 2, en 2007. « Après le Conservatoire, j’ai toujours travaillé, reconnaît-elle. J’ai joué au théâtre, eu des petits rôles au cinéma, mais au bout d’un moment, vers 35 ans, je me suis dit, là, il faut qu’il se passe quelque chose, je ne vais pas continuer à aller faire dix essais au fond d’une banlieue pour deux jours de tournage, surtout avec deux enfants. » Mais comme rien ne se passe – pendant deux ans elle ne travaille pas, alors qu’à l’inverse la carrière de François Cluzet explose – et qu’elle a avant tout envie d’être « heureuse dans la vie », elle refuse de s’accrocher en vain. Envisage même une reconversion pourquoi pas dans le commerce…

Un jour, son agent l’appelle pour lui parler d’une série télévisée. Valérie traîne les pieds, ras-le-bol. Pas son genre pourtant, car elle, c’est une battante, une coriace. Elle a toujours eu une forte personnalité. A deux ans, sa mère Nicole se souvient qu’elle lui tenait déjà tête, voulait faire les choses par elle-même. Consciencieuse à l’excès, quand elle rentrait de l’école, pas question de lui demander quoi que ce soit, sa priorité allait aux devoirs. Travailler. Etre la première – ce qu’elle était. A l’époque, la plus rigolote de la famille d’ailleurs, c’était plutôt sa sœur Nathalie – aujourd’hui docteur en psychologie.

Valérie Bonneton accepte la série qui lui offre le succès populaire. Elle est tellement le personnage de Fabienne Lepic que parfois son garçon lui lance « Arrête maman, on dirait Fais pas ci fais, pas ça.” Quant à Thierry Bizot, créateur de la série avec son épouse Anne Giafferi, il voit en elle “Un Louis de Funès au féminin”. Dès qu’elle entend le mot « moteur » ou que le rideau se lève, Valérie y va à fond. La joie d’être là balaie toute trace de trac, de gêne, de savoir si on est jolie ou pas. Jouer. Il n’y a que cela. L’acteur Yves Le Moign’, qui fut son professeur au cours Florent dans les années quatre-vingt-dix, a immédiatement craqué pour cette élève « à l’air mutin, filou, toujours joviale et bourrée de charme ». « Mais, précise-t-il, j’ai assez vite repéré son tempérament dramatique. Sous des airs de rigolote, sous ce petit côté bulldozer, il y a une sensibilité à fleur de peau

Click Here: Ireland Rugby Shop

Dans le jeu, Valérie ne sent pas la gêne. Jamais. Dans la vie ? « Oui. Je peux rougir facilement, avoir une espèce d’angoisse, j’anticipe des choses, je m’embrouille… Mais je me soigne, j’essaie… Je vois un psy. » Sur ses coins d’ombre, Valérie pose souvent un sourire pour signifier « défense d’entrer ».

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *