Suite à un énième rapport demandant la levée de l’interdiction des soins funéraires pour les personnes séropositives, le Conseil national du sida presse les pouvoirs publics d’agir enfin contre cette discrimination qu’aucun argument scientifique ne peut justifier.

Les soins funéraires seront-ils bientôt autorisés pour les personnes séropositives ?

Les soins funéraires, ou thanatopraxie, permettent de retarder le processus de décomposition et ainsi de rendre le corps plus présentable avant son enterrement. Mais depuis 1998, les personnes séropositives au VIH et aux hépatites B et C n’ont injustement pas droit à ces pratiques. Séropositifs et soins funéraires : à quand une levée de l’interdiction ?Instaurée en 1998 au nom du risque de contamination des thanatopracteurs, cette mesure avait suscité la polémique depuis plusieurs années par des associations de patients qui voient là une nouvelle forme de discrimination sans fondement.Suite aux difficultés rencontrées par les familles, plusieurs avis de différentes instances sanitaires se sont prononcées concernant l’encadrement des opérations funéraires :- Le Conseil national du sida émet des recommandations dans un

avis du 12 mars 2009 et les réitère dans un

communiqué du 13 janvier 2012 ;- Le Haut conseil de la santé publique rend des

avis et rapport le 20 décembre 2012 ;- Le Défenseur des Droits publie un

rapport le 29 octobre 2012 ;- Saisis par les ministres en charge de la santé, de l’intérieur et de l’emploi, l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l’inspection générale de l’administration (IGA) rendent leur

rapport daté de juillet 2013 et rendu public en février 2014.Ce dernier rapport recommande que la pratique de la thanatopraxie soit réservée aux seuls lieux dédiés que sont les chambres mortuaires et les chambres funéraires. En outre, la mise en œuvre de cette réforme conduit la mission IGAS-IGA à proposer que le VIH et les hépatites virales soient retirés de la liste des maladies pour lesquelles la pratique des soins funéraires est interdite.Début 2012, le ministre de la santé d’alors, Xavier Bertrand, avait même donné son feu vert. Mais depuis et malgré la succession de rapports invitant à lever cette interdiction, rien ne bouge. Plus de 80 000 signatures avaient été recueillies par la

pétition en ligne initié par l’association

Elus contre le sida “pour la levée de l’interdiction des soins funéraires pour les personnes séropositives au VIH et aux hépatites B et C“.Le Conseil national du sida presse les pouvoirs publics d’agirPour le Conseil national du sida, “les mesures d’interdiction constituent une discrimination subie par les personnes infectées par le VIH ainsi que par leurs proches et soulèvent une incompréhension très large des acteurs de la lutte contre le VIH/sida“. Il rappelle “qu’aucun argument scientifique ne peut justifier que soient prises des dispositions dérogatoires au droit commun en matière de soins de conservation sur la seule base de l’infection par le VIH avérée ou supposée de la personne défunte, dès lors que les précautions universelles sont pleinement appliquées“…Alors pourquoi une telle inaction ? Au-delà de certains préjugés, la thanatopraxie souffre en France de certains problèmes : d’une part, la France est le seul pays autorisant la réalisation de soins de conservation à domicile (un environnement qui ne répond plus à l’évolution des soins funéraires) ; d’autre part, la formation des thanatopracteurs reste “hétéroclite“… Ce que la mission de l’IGA et de l’IGAS traduit dans ses recommandations en demandant “que soit poursuivie la professionnalisation de l’activité de thanatopraxie, notamment par un renforcement de la formation initiale et la mise en place d’une formation continue, qui prennent en compte l’évolution des techniques“.En conséquence, le Conseil national du sida presse les pouvoirs publics à agir à :- Créer les conditions du respect des précautions universelles afin de prévenir les risques d’exposition à l’occasion des soins de conservation du corps en limitant la pratique de ces soins à des sites dédiés et en améliorant l’encadrement des professionnels de la thanatopraxie ;- Lever, dans ces conditions et rapidement, l’interdiction de soins de conservation pratiqués sur les corps des personnes décédées infectées par le VIH ou le virus des hépatites B et C.Espérons que cette demande des associations de malades soit enfin entendue… David Bême Sources : Communiqué du Conseil national du sida – 5 mars 2014Pistes d’évolution de la réglementation des soins de conservation – rapport IGA – IGAS – juillet 2013 (

accessible en ligne)Click Here: NRL Telstra Premiership

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *