En France, le dépistage de la trisomie 21 doit s’accompagner d’une démarche d’information de la femme enceinte. Le professionnel de santé doit certifier l’avoir informé lors de la proposition de dépistage (signature d’une attestation par le prescripteur) et la prescription doit être accompagnée de son consentement écrit pour la réalisation du dépistage. Mais une étude révèle pourtant que ces femmes sont susceptibles de mal comprendre les différentes étapes de ce dépistage.

Le dépistage de la trisomie 21 chez les enfants à naître repose habituellement sur deux étapes : l’échographie du premier trimestre de grossesse, suivie par un dosage sanguin de marqueurs maternels associés à la trisomie 21. Ce test sanguin est proposé aux femmes enceintes de manière systématique depuis 1997 ; il établit un risque global de trisomie 21 en y associant le risque inhérent à l’âge de la mère. En fonction du résultat obtenu, la future mère peut se voir proposer de poursuivre le processus de dépistage par un prélèvement de liquide amniotique ou amniocentèse, avec un risque de fausse-couche dans 0,5 à 1 % des cas. En cas de diagnostic avéré de trisomie 21 après amniocentèse, la femme enceinte devra prendre la décision de poursuivre ou non sa grossesse.
Mais jusqu’alors, aucune étude n’avait porté sur la manière dont les femmes abordent les décisions successives qu’elles sont amenées à prendre lors de ce dépistage. Or, en pratique, les femmes doivent rapidement prendre des décisions complexes. Pour répondre à cette question, Valérie Seror, chargée de recherche à l’Inserm et Yves Ville, chef du service de gynécologie-obstétrique de l’Hôpital Necker, ont analysé, sur la base d’un auto-questionnaire, les décisions prises par 391 femmes ayant accouché entre avril et octobre 2005.
Résultat : la plupart des femmes n’étaient pas conscientes des implications possibles du dépistage de la trisomie 21 ou ne les comprenaient pas. Environ 40 % de celles qui ont eu une échographie et un dosage sanguin n’avaient pas conscience qu’elles pourraient être confrontées à un moment donné à la décision de ne pas poursuivre leur grossesse. Plus de la moitié d’entre elles n’avaient pas pensé au fait que le dépistage pouvait aboutir à une amniocentèse et environ un tiers ne comprenaient pas les résultats du dosage sanguin. “Si les femmes enceintes peuvent considérer que les prises de décision relatives à leur suivi de grossesse sont du ressort du médecin, il est en revanche discutable qu’elles n’aient pas conscience des implications potentielles du dépistage, notamment la possibilité d’avoir à décider de la poursuite ou de l’arrêt de la grossesse“ souligne Valérie Seror. Alors que le principe de décision éclairée est au coeur du dispositif réglementaire qui encadre le dépistage de la trisomie 21, les chercheurs concluent qu’il ne s’agit pas de condamner l’attitude des femmes, mais d’accompagner le dépistage par une information adaptée leur permettant des prises de décision en accord avec leurs valeurs. Source : communiqué de presse, Inserm, 8 janvier 2009Click Here: camiseta river plate

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